Oui, c’est quoi l’Amour ?
Aimer, c’est d’abord un sentiment humain… aimer son
compagnon, son enfant, ses parents… Il se vit souvent dans la souffrance…
souffrance de le perdre… Voir partir sa maman au travail pour un tout petit est
amour-souffrance… Voir s’éloigner ses enfants grandissants est
amour-souffrance… Vivre une rupture de couple est bien sûr aussi
amour-souffrance !
Mais qu’est-ce qui peut donc nous faire souffrir dans
l’Amour ? L’Amour ne devrait-il pas être l’antithèse de la
souffrance ?
Et d’abord que cherchons-nous dans l’Amour ?
Se voir dans les yeux de l’autre… C’est exactement cela que
nous attendons d’une relation amoureuse, qu’elle soit conjugale, filiale ou
amicale. Mais qu’est-ce que ça veut dire ?
Cela veut dire que c’est d’abord notre propre besoin d’être
aimé que nous projetons sur l’autre. Mais notre propre besoin d’être aimé est
avant tout notre besoin de NOUS aimer !!
Nous attendons trop souvent que ce soit les yeux de l’autre
qui nous renvoient l’Amour… Nous oublions trop souvent que lorsque nous parlons
d’Amour à l’autre, c’est d’abord à nous-mêmes que nous parlons… Et alors, nous
attendons de l’autre qu’il nous renvoie cet Amour que nous ne savons pas
trouver en nous…
Cette relation est impossible et vouée aux échecs
successifs… comment pourrions-nous donner quelque chose que nous n’avons pas
trouvé ?
C’est ainsi que se créent les tensions : nous attendons
de notre compagnon qu’il nous donne l’Amour dont nous avons besoin pour vivre
et s’il n’en éprouve plus pour nous, nous nous croyons perdus, nous ne savons
plus nous reconnaître Amour et nous nous accrochons pour nous sentir vivant et
ainsi nous souffrons et nous faisons souffrir !
Il en est de même avec nos enfants : nous voulons
tellement les abreuver de notre Amour que nous nous asséchons dans ce don et
lorsqu’ils prennent d’autres chemins nous nous sentons abandonnés et
perdus !
Vivre l’Amour, c’est déjà se le donner à soi-même… se
reconnaître Amour total et parfait ! C’est s’aimer dans sa divinité, avec
ses qualités et ses défauts, sans se juger ! C’est se libérer et ainsi
pouvoir libérer l’autre… lui permettre de s’aimer lui-même dans sa totalité,
sans attente, sans frustration !
Partager son Amour avec l’autre, c’est lui offrir l’Amour
que j’ai pour MOI et recevoir celui qu’il a pour LUI ! Car l’Amour est
Soleil ! Il ne peut se transmettre qu’en lui permettant de briller en nous
et en lui permettant, ainsi, de RAYONNER autour de nous !
Ainsi, dans cet Amour que nous avons trouvé en nous, nous ne
sommes plus dépendant de l’autre… nous nous rendons notre liberté et la
reconnaissons à l’autre également. Car l’autre est Soleil, tout autant que nous
et ce que nous nous accordons est automatiquement accordé à l’autre.
Accepter de quitter son compagnon quand le besoin s’en fait
sentir et le faire sans culpabilité, même s’il souffre… c’est lui permettre de
se chercher et de se trouver lui-même… lui permettre aussi de se choisir une
autre vie… C’est de l’Amour !
Accepter, dans le sens inverse, de voir partir son compagnon
s’il le désire… c’est se rendre libre et se reconnaître Amour… c’est
reconnaître que nous pouvons vivre par nous-mêmes et pour nous-mêmes… C’est de
l’Amour !
Accepter de voir partir ses enfants sur des chemins qui ne
sont pas les nôtres… c’est reconnaître leur divinité et leur libre arbitre…
c’est leur permettre de devenir eux-mêmes… C’est de l’Amour !
Accepter de partir travailler le matin en laissant son
enfant pleurer et le faire sans culpabilité, en l’embrassant simplement avec
tendresse et en lui promettant notre retour… c’est l’ouvrir à son indépendance…
lui dire que la séparation n’est pas du non-Amour… c’est lui reconnaître le
pouvoir d’exister par lui-même… C’est de l’Amour !
Alors, n’ayons pas peur de l’Amour… car nous SOMMES Amour !!!
Le reconnaître c’est le faire briller et le rayonner… et
rayonner, c’est illuminer notre voisin… et illuminer son voisin, c’est lui
permettre de faire briller son Amour et d’illuminer à son tour son propre
voisin…
Se reconnaître Amour, c’est permettre d’illuminer la Terre
entière !!!
Véronique.